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Méditation – revue de la mécanique respiratoire

Article original par Joeblast

http://lonemanpai.com/thread/820/breathwork-review?page=1

Le travail respiratoire est la première et la dernière chose à pratiquer. Cela devrait être ce qu’on apprend en premier, et ce qui conclut chaque séance.

Le procédé part de l’exploration physique, pour se diriger vers le développement de la mémoire musculaire, l’amélioration du timing, l’atténuation des signaux neuraux afin de transformer leur mode de résonance.

Physiquement parlant, les préliminaires sont posturaux, avec une emphase sur l’action autant que l’inaction. Au fur et à mesure que le travail respiratoire progresse vers ce qui peut être considéré comme la respiration de longévité, ce qu’on utilise devient tout aussi important que ce qu’on n’utilise pas. Une colonne vertébrale droite permet le plus de facilité et de fluidité dans les mouvement internes ; la cage thoracique est détendue car il faut plus d’énergie pour l’activer comparé aux mécaniques internes. La respiration de longévité est un exercice en efficacité ; le plus profond on est capable de la pratiquer, le plus efficacement on sera capable d’intégrer les énergies des exercices énergétiques « actifs ».

Le diaphragme a deux points d’attache logiques, devant et derrière, donc le mouvement doit être ancré. C’est la limite d’une simple « expansion de l’abdomen » à l’inspiration – sans aucune emphase sur le diaphragme, on n’ira pas en profondeur. Nous allons ici nous concentrer sur la respiration abdominale naturelle.

Notez les points d’attache postérieurs.

C’est là que le processus d’inspiration commence, mais ne le corrélez pas excessivement avec l’endroit précis des points d’attache quand vous exécuterez le protocole. Vous pouvez imaginer faire descendre une balle devant la colonne vertébrale, depuis le niveau du plexus solaire pour commencer, jusqu’au dantien pour terminer. Le devant de l’abdomen et le plancher pelvien sont détendus pendant cette phase. Ceux-ci supportent l’expiration ; le qihai presse vers l’intérieur mais sans forcer, le huiyin se raffermit, mais ne se contracte pas. (c-à-d qu’il fait le mouvement, mais sans la force musculaire qui en ferait une contraction). Une autre méthode qu’on peut essayer allongé, est d’imaginer un petit train qui parcours la colonne vertébrale, qui feraient office de rails – conduisez le train vers le bas, puis de retour vers le haut.

C’est le timing à 3 parties initial à travailler. Faites couler l’inspiration sans à-coups dans l’expiration et vice versa. Avant qu’on ne se calme suffisamment, il peut être utile d’utiliser le devant de l’abdomen un peu plus dans son rôle de support de l’expiration – mais au fur et à mesure que cette respiration devient plus automatique et qu’on forme la mémoire musculaire, on utilise moins le devant de l’abdomen, tandis que « la respiration externe disparaît », ce qui signifie que les mouvement internes sont maintenant bien synchronisés. (j’étais debout l’autre jour, et un ami me dit mec ça fait plusieurs minutes qu’on dirait que tu respires pas,!    mouvements internes mon pote !) Donc en gros, en considérant la distance physique parcourue par chaque composant durant le processus de respiration, essayez de rendre concomitants les débuts, fins et les portions les plus énergétiquement puissantes. C’est là que se joue tout le timing, étant donné que chaque composant a sa propre nature et étendue physique – imaginez que chaque structure a sa propre mesure de dynamomètre qui affiche sa puissance, et tout comme une voiture atteint sa puissance max aux alentours de son étendue physique maximum…. mais pas tout à fait à ce maximum !  La grosse différence ici est qu’il ne s’agit pas de puissance débridée, nous avons la condition additionnelle de consommation minimale à prendre en compte quand nous cherchons cette « puissance max ».

 

Donc maintenant que le côté physique est couvert… attendez, ce n’est pas encore fini – nous devons considérer le niveau neurologique !

L’air est inspiré et expiré par le nez – mais qu’est-ce qui s’y trouve ? les terminaisons nerveuse olfactives – celles-ci détectent le passage de l’air et notifient le cerveau en conséquence. Un flux d’air important fait que le cerveau dit au cœur de pomper plus vite, commande aux poumons de se dilater et se contracter. Donc maintenant, nous nous intéressons au flux d’air ! C’est un point très important en ce qui concerne l’inaction – utilisez uniquement les structures désirées pour faciliter le mouvement de l’air, et laissez tout le reste tranquille ! Tout le reste : à savoir poumons, bronches, trachée, arrière de la gorge, sinus, et même vos narines. Partout où l’air touche, ne vous en servez pas pour respirer ou faciliter le mouvement de l’air ! Les gens ne se rendent probablement pas compte à quel point ils utilisent leur nez et leur sinus quand ils respirent – en gros, quand on utilise les sinus ou n’importe quel partie du corps que touche l’air pour respirer – ce qu’on fait en réalité, c’est minimiser le rôle du diaphragme et surcharger la pression du flux d’air entrant, le résultat final est que le diaphragme est moins utilisé et aussi – ce qui est important – la respiration est moins profonde.

J’ai élaboré un exercice d’identification pour ces structures, en prenant un influx d’air brusque à chaque partie individuelle que l’air touche – c’est un peu bizarre d’inspirer de l’air uniquement aux sinus maxillaires, par exemple, mais c’est faisable. Maintenant, partant d’un postulat d’action – passez à l’inaction, et entraînez vous à ne pas utiliser ces structures quand vous respirez. (Allez y doucement, ou vous risquez de vous causer un mal de tête – ce n’est pas quelque chose qu’on a besoin de faire plus d’une ou deux fois, juste pour se familiariser un peu plus avec les structures que l’air touche.)

Oui – l’empreinte énergétique de la médulla sera effectivement modifiée par un effort concerté ici ! Mon ex me disait qu’elle savait quand j’avais une bonne pratique parce qu’elle ne m’entendait jamais respirer quand je dormais (et en général quand ma respiration était aussi bonne, il n’y avait quasiment pas de mouvement durant le sommeil non plus,…)

Ça fera bizarre la première fois que vous aurez l’impression de ne pas respirer, mais… attendez… si, vous respiiirez… et l’effet de surprise vous fera probablement sortir de l’état extatique qui l’accompagne. Mais persévérez, restez concentré, travaillez les mécaniques. C’est pour ça que j’encourage les gens à passer du temps sur le travail respiratoire, parce que les bénéfices en sont énormes et soutiendront à coup sûr vos autres pratiques. Les sommets énergétiques qu’on est capable d’atteindre sont fonction de la profondeur de l’immobilité qu’on est capable d’atteindre.

L’endroit où on place son attention joue aussi son rôle – par exemple, il y a eu des moments où je restais concentré sur le dantien quoiqu’il se passe, et j’ai fini par me trouver faire 6 ou 9 cm de hauteur, assis à l’intérieur de mes propres entrailles. Ou, en utilisant la technique de « retourner la lumière » au niwan, finissant par oblitérer les signaux des nerfs crâniens, juste un vide empli de lumière, sans aucune direction… et à ce stade, j’ai pu sentir l’impulsion de la pensée apparaître et se fait complètement absorber par la lumière retournée, et de manière intéressante, observer ce phénomène en temps réel, complètement tranquille. Plutôt dépaysant les premières fois que ça se produit.

Rappelez-vous, tout ça est un exercice de conscience. La conscience (NdT : c-à-d l’attention) est toujours maintenue. Le vide et l’oubli ne sont pas la même chose. Si vous vous surprenez à vous laisser aller à vos pensées, retournez simplement au protocole respiratoire dès que vous vous en apercevez, sans même vous dire « bon sang me voilà encore en train de penser » (car cela donne de l’énergie au courant de pensée). Vous conditionner à faire ça résultera à coup sûr en un état d’esprit plus calme, et plus clair – j’ai eu l’occasion de voir une pratique sérieuse et sortir de cette pratique trop de fois, un certain nombre de ces choses là se produit avec une certitude absolue à chaque fois – notamment un boost métabolique.